Présentation du site
Le vallon de la Bendola peut se décrire autour d’entités assez différentes dans les atmosphères et les ambiances qu’elles dégagent, les pratiques qui s’y exercent et la biodiversité qui les composent.
D’abord connu pour son canyon, sa fraîcheur et ses pratiques d’eaux vives dans sa partie aval, à l’inverse de son caractère sauvage et quasiment inaccessible dans sa partie amont. Ensuite, ces deux versants, autour d’un ubac forestier et un adret, sec, ensoleillé et aux ambiances très méditerranéennes. Le versant qui s’ouvre aux proches abords du village perché de Saorge est particulièrement marqué par l’empreinte de l’homme ; paysage construit par excellence, de part les terrasses de culture en pierre sèche édifiées pour gagner des espaces cultivés sur la pente et pour limiter son érosion. Les terrasses étaient utilisées pour les cultures vivrières des habitants, sur lesquelles de modestes bâtisses de pierre étaient érigées, témoins du labeur agricole.
L’ensemble présente des intérêts complémentaires : le bâti traditionnel, les terrasses de culture en pierre sèche, les espaces ouverts sont propices à une biodiversité floristique et faunistique favorisés par le croisement d’influences climatiques méditerranéennes et alpines.
Ce versant constitue pour cela un point d’observatoire du paysage en réponse aux orientations de la charte du Parc national pour son aire d’adhésion qui sont les suivants :
Mesure 3 : Maintenir les espaces ouverts en vallée.
Mesure 12 : Soutenir les initiatives de tiers visant à préserver la biodiversité.
Mesure 27 : Préserver les terres agricoles et améliorer les infrastructures agropastorales.
Mesure 30 : Gérer les espaces associés aux activités agropastorales.
Plus particulièrement, sont suivis les critères ci-dessous :
le paysage de terrasses à pelouse rase favorable aux orchidées (enjeu des espaces ouverts)
les tendances à la fermeture de milieux induit par la réduction des pratiques agricoles
le paysage construit des murs en pierre sèches, caractéristiques de l’occupation des versants d’altitude (restauration, maintien)
les enjeux des travaux de restauration du bâti (changement de matériaux, de forme et de volume des constructions)
La prise de vue se joue sur le premier plan de la photo avec un ensemble de terrasses de culture, des bâtis agricoles, de pelouses rases et le sentier menant jusqu’à la chapelle Sainte-Croix / périodicité 3 ans.
Mots clés
Témoignages
Les constats observés en 2013 démontraient une progressive fermeture des milieux avec un embroussaillement progressif des terrasses anciennement cultivées. La réduction de la surface des pelouses rases ayant pour conséquence une modification des milieux moins favorables à certaines espèces telles que les orchidées.
Un second enjeu portait sur l’évolution des aménagements et des infrastructures (bâti anciens, murets en pierre sèche, sentier).
En 2023, de nettes évolutions sont constatées sur les deux bâtis agricoles situés en premier plan :
- à gauche, réfection de la toiture avec la disparition de la tuile remplacée par un bac acier d’une couleur assez foncée, la modification du pendage de la toiture (plus plat qu'à l’état initial), l’extension de la surface de la toiture (probable préau), la rehausse du bâtiment avec deux rangs de parpaings, la pose de gouttières. Si le bâtiment retrouve une seconde vie, le caractère architectural et son intégration paysagère sont mis à mal.
- à droite, le toit en tôle à également été démonté et non remplacé lors de la prise de vue (protection par une bâche).
En plan large, les terrasses sont de moins en moins entretenues avec une reprise de la végétation (importante pousse des genêts) et les arbres feuillus se sont étoffés. A terme, le milieu deviendra moins favorable aux orchidées (en 2023, plusieurs stations connues n’ont pas été retrouvées).